La prestation compensatoire n’est pas forcément une somme d’argent. Le Code civil permet, dans certains cas, de l’exécuter par l’attribution d’un bien ou d’un droit sur un bien (propriété, usufruit, droit d’usage et d’habitation). C’est une option patrimoniale puissante, mais technique : elle peut sécuriser un accord… ou créer un problème durable si elle est mal cadrée.
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Le principe : un capital, qui peut être “en nature”
La prestation compensatoire a vocation à être un capital. Ce capital peut être exécuté autrement que par un versement d’argent, notamment par l’attribution d’un bien en propriété ou par l’attribution d’un droit (usufruit, usage et habitation).
Article 270 du code civil et article 274 du code civil
Propriété vs usufruit vs usage/habitation : différences simples
- Propriété : vous détenez le bien, vous pouvez l’occuper, le louer, le vendre (selon contraintes).
- Usufruit : vous avez le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (ex : loyers), sans en être propriétaire.
- Usage et habitation : droit plus limité, en général centré sur l’occupation personnelle (moins flexible que l’usufruit).
Ces options n’ont pas le même impact économique, ni les mêmes conséquences sur la liquidité, la transmission, et les charges.
Dans quels cas cette option est pertinente
L’attribution d’un bien ou d’un droit est souvent envisagée lorsque :
- le débiteur n’a pas la trésorerie suffisante pour un capital immédiat ;
- l’accord vise à éviter une vente précipitée ;
- la stabilité de logement du créancier est un enjeu majeur ;
- la liquidation patrimoniale rend cette modalité cohérente (plutôt que de créer une indivision de fait).
Les points de vigilance : l’endroit où se jouent les contentieux futurs
Avant de choisir cette voie, il faut cadrer :
- la valeur retenue (et la méthode d’évaluation) ;
- qui supporte quelles charges (entretien, taxes, travaux) ;
- la durée du droit (si usufruit) et les conditions de sortie ;
- l’impact sur la liquidation (et le risque d’indivision résiduelle) ;
- la cohérence avec la fiscalité (selon le montage).
L’attribution d’un droit mal défini est une promesse de conflit différé.
Pourquoi cette modalité doit être pensée avec la liquidation
L’attribution d’un bien/droit au titre de la prestation compensatoire ne doit pas être construite isolément. Elle interagit avec la liquidation du régime matrimonial (attribution de biens, soultes, dettes). L’objectif est d’obtenir un schéma cohérent : un accord exécutable et lisible, sans “zone grise” patrimoniale.
FAQ : Peut-on prévoir une prestation compensatoire par usufruit ?
Oui, le Code civil prévoit l’attribution de droits, dont l’usufruit, comme modalité d’exécution du capital.
FAQ : Est-ce préférable à une somme d’argent ?
Ce n’est ni mieux ni moins bien : cela dépend de la liquidité, de l’objectif (stabilité de logement, sécurité), des charges, et de la cohérence avec la liquidation.
FAQ : Qui paie les charges et les travaux ?
Cela dépend du droit attribué et de ce qui est prévu dans l’accord / la décision. C’est un point à cadrer expressément pour éviter les litiges.
L’attribution d’un bien ou d’un droit peut être une excellente solution patrimoniale, à condition d’être évaluée, cadrée et articulée avec la liquidation.
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